Dire Ce Que Nous En Pensons


Version française de la lettre de Carla Bruni-Sarkozy -  Campagne Chaque jour, Sauvons Sakineh : La premère-dame Carla Bruni-Sarkozy signe aujourd’hui, aux cotés de Valéry Giscard d’Estaing et de Ségolène Royal., une lettre à la femme iranienne condamnée à mort par lapidation.

La lettre de Carla Bruni à Sakineh.

Chère Sakineh,

Condamnée à être enterrée vivante, puis à être lapidée ! Votre beau visage, réduit en bouillie ! Vos yeux pleins de douleur et de dignité, votre front, votre cerveau, votre âme… transformés en cible pour des lanceurs de pierres, explosés, pulvérisés, en miettes ! Effroi et consternation ! Cette image de cauchemar qui nous révulse, cette image qui nous terrifie et qui semble issue de la nuit des temps, cette incroyable torture risque donc de devenir réalité.

Pour d’obscures raisons, avec une rage froide, des êtres semblables à vous et à moi en ont ainsi décidé, Sakineh. Des êtres qui s’arrogent le droit de vie et de mort sur celles qui ne leur obéissent pas.

Comment se taire après avoir pris connaissance de la sentence qui a été prononcée à votre encontre ? Ce qui risque de vous arriver blessera profondément toutes les femmes, tous les enfants, tous ceux qui portent en eux des sentiments d’humanité. Et pis encore, vous ne seriez pas la seule à risquer de subir cet effarant supplice…

Je ne vois pas le bien qui peut sortir de cette cérémonie macabre, quelles que soient les justifications juridiques avancées.

Répandre votre sang, priver vos enfants de leur mère, mais pourquoi ? Parce que vous avez vécu, parce que vous avez aimé, parce que vous êtes une femme, une Iranienne ?

Tout en moi se refuse à l’accepter. Le peuple iranien fait partie des nations les plus anciennes et les plus remarquables de la planète. Je ne comprends pas comment les héritiers d’une grande civilisation faite de tolérance et de raffinement pourraient être infidèles à cet héritage millénaire.

Vos juges doivent le savoir, Sakineh, votre nom est devenu un symbole sur la planète entière. Puissent-ils comprendre que, quelle que soit l’époque, quel que soit le lieu, ils ne pourront jamais se laver les mains d’un tel crime ?

Je suis fière de vivre dans un pays où la peine de mort a été abolie. Longtemps, elle a fait partie de nos lois, et je peux vous dire que cette abolition fut une victoire démocratique, très importante pour l’ensemble de notre peuple. Et si cette victoire devenait aussi la vôtre ? Et si la nation iranienne tournait le dos à cette pratique barbare ?

Je prie pour que la justice de votre pays sache faire preuve de clémence à votre égard, ainsi que pour les autres victimes qui risqueraient de subir le même supplice. En France, les enfants apprennent à l’école que la clémence est la principale vertu des gouvernants.

Du fond de votre cellule, sachez que mon mari plaidera votre cause sans relâche et que la France ne vous abandonnera pas.

Ségolène Royal écrit à Sakineh

Je pense fort à vous, je pense fort à vos enfants, Fasride et Sajjad, et mon sang se glace. Gardez espoir et courage, de plus en plus de voix s’élèvent partout dans le monde et vont finir par se faire entendre pour abattre les murs de votre prison. En vous aidant c’est nous que nous aidons.

Nous avons besoin de votre liberté pour que notre idéal de liberté et de fraternité avance et gagne du terrain. Là où la dignité des femmes est meurtrie, écrasée, anéantie, c’est l’Humanité toute entière qui recule. Là où la femme est servie en victime expiatoire et asservie pour le seul crime d’être née femme, doivent se lever toutes celles et ceux qui savent que cet obscurantisme conduit à des malheurs plus grands encore. Sakineh, nous ne vous laisserons pas. Tenez bon pour vous, tenez bon pour nous.

Lire la version anglaise

Source: La règle du jeu

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